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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 20:44

IMGP6178

 

  Après avoir galéré pour traverser Grenoble et Vizille, nous parvenons enfin à La Grave, puis au parking au bout de la route, lieu dit « Entraigues ».

 

Sur le trajet nous avons eu un peu de ciel bleu et beaucoup de pluie ! Au parking, peu de voitures. Nous nous équipons rapidement sous un ciel menaçant. Il est 19h20, j'avais dit aux gardiens du refuge du Goléon que nous serons là pour 20h !!!

 

Il faut reconnaître que pour cette 1èrepartie, nous ne sommes guère gâter par le temps très brumeux, et à la limite pluvieux. Nous ne pouvons pas profiter du paysage et la montée au refuge est vite réalisée.

 

Le repas est déjà terminé au refuge quand nous pénétrons dans la salle à manger. Il y a une petite dizaine de personnes que nous saluons. Nous faisons sécher nos T-shirts, et commandons une bière auprès de la gardienne.

 

Pendant que nous tirons du sac nos casse-croute, nous constatons que presque tout le monde s'apprête à aller au lit ! Il n'est que 20h30 pourtant.

 

Je me fais montrer notre chambre pour la nuit pour éviter de trop déranger. Il est sympa ce refuge, de grosses bougies pour éclairer les toilettes, l'escalier et le couloir.

 

Nous terminons notre repas. Le rendez-vous est pris pour 05h30. Il est 21h00, nous montons en chambre. Nous serons 3, avec un réveil à la même heure. Nous préparons les affaires pour le lendemain. Nous préparons les lits. A notre disposition, une couette épaisse, et des couvertures. Le top.

 

Personnellement je me suis endormi très rapidement, et je n'ai même pas entendu la pluie ! 05h15, réveil . 15 minutes plus tard nous sommes à table et à 05h45, nous sommes sur le point de partir. Le gardien nous indique le chemin à suivre pour éviter de redescendre sur le lac.

 

Il fait déjà presque jour, les frontales sont inutiles et je me dis que nous aurions peut être du partir un poil plus tôt !! Quoi qu'il en soit dans le ciel pas un nuage. La Meije et le Râteau sont encore dans la pénombre. Nous cheminons au dessus du lac avant de redescendre sur le refuge Carraud. C'est là que nous retrouvons le sentier.

 

Le soleil commence a illuminer les crêtes autour de nous. Nous remontons le Maurian, torrent alimenté par la fonte du glacier Lombard. Nous rattrapons le groupe qui nous précédait au pied du glacier. Nous nous équipons comme eux.


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Notre cordée part la 1ère. La trace pour le col situé au pied du Bec de Grenier est faite (c'est ce que m'avait signalé le gardien du refuge).

 

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Comme c'est l'unique trace de ce désert blanc, c'est celle que l'on emprunte (pourquoi faire compliqué?).

 

Arrivés au col, la vue est grandiose. Le plateau d'Emparis tout vert, tranche avec les glaciers et les sommets enneigés des Ecrins.


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L'Aiguille du Goléon n'est pas encore là ! Il reste une longue arête assez aérienne. Les 3 autres cordées de 4, ont choisi de progresser au centre du glacier.

 

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Mick n'est pas très à l'aise dans ce terrain mixte, mais nous progressons bien. Il faut s'aider des mains, et ne pas hésiter à saisir le rocher pourtant givré.

 

Nous retrouvons la 1èredes 3 cordées alors qu'ils sortent à leur tour sur l'arête. Nous leur passons de nouveau devant. Il faut trouver le passage, parfois à droite (assez gazeux), parfois à gauche (côté glacier).

 

Mick prend sur lui. Je suis super content pour lui. Nous sommes maintenant sur un passage un peu plus raide. Je vois qu'il ne faut pas insister. L'alti indique 3 352m.

 

Nous avons deux possibilités : revenir sur nos pas ou descendre dans le couloir partiellement enneigé pour revenir par le glacier.

 

Mick n'est pas très rassuré au départ mais finalement le couloir est relativement praticable. La partie haute est délicate à cause d'une roche délitée sous la mince couche de neige. J'assure Mick en corde tendue, et nous progressons par petits bonds. Par contre, le pied du couloir est plus enneigé la progression en est rendue nettement plus facile.

 

Les autres cordées arrivent au dessus de nous. Comme nous, ils n'iront pas au sommet, mais contrairement à nous, ils repartiront par l'arête.

 

IMGP6174Panorama Goléon (1)

Plus bas, nous retrouvons leur trace au milieu du glacier. Alors que nous nous déséquipons au pied du glacier, nous retrouvons la famille partie comme nous du refuge. Ils ont fait la moitié de l'arête.

 

A la descente, je constate qu'il y a quand même une belle bambée. Au refuge Carraud, alors que quelques marmottes pointent le bout de leur museau, nous décidons de tirer vers le lac.

 

Un troupeau de chèvres broutent dans le « Replat d'Amont », nous découvrons des dizaines de prénoms écrits avec des morceaux de roche. Très original.

 

Panorama Goléon (3)Panorama Goléon (2)

 

Le lac se découvre enfin. Nous ne regrettons pas un instant être revenus par là. La Meije, le Râteau..., le refuge et le lac du Goléon s'offrent à nous. Une véritable carte postale de montagne.

 

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Au refuge nous réglons notre note et après avoir salué les gardiens, nous redescendons dans la vallée. Il est midi, et il y a un monde impressionnant. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu autant de randonneurs.

 

Le lac exerce un bel attrait. Mais il se mérite. Ici, on ne s'est pas trop cassé la tête pour tracer le sentier ! Peu de lacets et souvent « Dré dans le pentu ». Nous sommes plusieurs fois sollicités : c'est encore loin le lac ? Difficile de répondre ... tout le monde ne marche pas au même rythme.

 

Enfin, nous retrouvons la voiture, fin d'une très belle randonnée qui totalise un peu plus de 17 kms et 1600 m de dénivelé.

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 16:45

Les Rouies (9)

 

Les 23 et 24 mai 2011, les prévisions météorologiques ayant été longuement analysées, j'emmène Pierrette, Jean-Claude, Mick et Sèb de nouveau dans la jolie vallée du Valgaudemar. Nous faisons une 1ère escale à La Chapelle afin de louer des crampons et des piolets chez Galland Sport (nous avons été accueillis par une mamie très gentille, et les prix pratiqués défient toutes concurrences!).

 

Les Rouies (1)

 

Vers 10h00, nous nous stationnons sur le parking vide ou presque (seules deux voitures présentes) du chalet hôtel du Gioberney. Nous voilà enfin partis pour le refuge du Pigeonnier. Les sacs sont lourds, très lourds ! Pour l'instant nous ne voyons pas le refuge et sous un soleil de plomb nous avalons les « S » du sentier.

 

Panorama les Rouies (1)

 

Nous pouvons admirer les 1ers chamois, sur un jardin suspendu et puis des marmottes.

 

Nous faisons une petite pause fruits secs à mi parcours, sur le bord d'un ruisseau gonflé par les eaux de fonte. Nous croisons ensuite deux randonneurs redescendant du refuge.

 

Panorama les Rouies (2)

Panorama les Rouies (3)

 

Après deux petites heures de marche, nous arrivons enfin au refuge.

 

Refuge du Pigeonnier

 

Il est ouvert non gardé. Nous prenons contact avec les lieux (deux dortoirs, la salle à manger, et les toilettes sèches). C'est dehors assis sur un banc, en plein soleil que nous prenons notre repas.

 

Nous faisons face au Sirac, mais notre regard, est attiré par le glacier suspendu des Rouies, à la recherche de l'itinéraire de demain !

  Les Rouies (6)

 

Après ce repas, il y a deux écoles : sieste dans le dortoir pour les uns, sieste dehors pour les autres ! En milieu d'après-midi, toujours seuls au refuge, nous prenons le thé et le gouter.

 

Les Rouies (7)

 

Profitant de la prise d'eau placée sur le chemin des Rouies, nous repérons le début du sentier, afin de ne pas perdre du temps le lendemain.

 

Nous feuilletons les magazines du CAF ou de la FFME qui trainent ici et là. La voie normale (VN) de les Rouies y est décrite sous tous les angles. Tantôt cotée F ou PD ! J'ai bien le tracé, les photos dans la tête. 

 

Le ciel s'est couvert. Nous constatons que des randonneurs sont en approche. Jean-Claude et Pierrette installés dans le dortoir voisin, décident de nous rejoindre et de laisser leur dortoir aux trois randonneurs qui arrivent juste avant l'orage.

 

Il reste une buche dans le poêle et avec les quelques brins de genévriers dehors, nous parvenons à réchauffer un peu la salle à manger.

 

Pendant que nous prenons le repas du soir, il tombe des cordes dehors. Je reste très optimiste, demain il fera grand beau. Il est à peine 21h, et nous sommes déjà sous les couvertures. C'était humide dans l'après-midi mais ce soir il ne fait pas trop froid. Enroulés dans 3 ou 4 couvertures on aurait même presque chaud !

 

La nuit est courte, réveil à 03h15 ! Dehors le ciel est étoilé. Après un rapide petit déjeuner, nous voilà partis avec une température assez clémente. Nous faisons le plein d'eau sur le chemin.

 

Le sentier est assez facile à trouver. Il est bien tracé, et la luminosité lunaire et l'éclairage de nos frontales suffissent pour ne pas se perdre.

 

Panorama les Rouies (4)

 

Dès le 1er névé, nous chaussons les crampons pour éviter une chute inutile. Nous arrivons sur les restes du glacier de la Grande Roche. Nous prenons plein nord pour s'engager dans la combe. Une petite pause fruits secs afin de reconstituer les réserves (déjà 2h00 de marche).

 

La suite quant à elle devient, nettement plus physique ! Le manteau neigeux n'est pas régulier. On chemine sur les restes d'une ancienne coulée d'avalanche qui porte un peu mieux. Notre progression est de plus en plus difficile, de plus en plus lente.

 

Arrivés au pied du fameux couloir, force est de constater que nous ne pouvons pas tous atteindre le glacier situé au dessus de nos têtes. Nous ne pouvons pas nous séparer non plus ! La décision  de faire demi-tour est rapidement prise.

 

Les Rouies (2)Les Rouies (3)

 

Les 1ers de cordée passent derrière et nous descendons droit dans la pente. À l'entrée de la combe on fait une grande pause. Le soleil s'est levé depuis une bonne heure. Nous enlevons les cordes et finissons avec les crampons.

 

Les Rouies (8)

 

Plus bas, ce sont les crampons que nous rangeons à leur tour.

 

Les Rouies (10)

 

Puis après quelques minutes nous retrouvons le refuge. Les randonneurs d'hier y sont encore. Ils partent alors que nous attaquons notre casse-croute : pâté, fromage …

 

Nous récupérons les affaires que nous avions laissées afin de gagner quelques kilos et puis nous nous remettons en route. L'un des trois randonneurs qui avait oublié sa Gore-Tex revient en courant (quand on a pas de tête, on a des jambes ! Dit le dicton). Sous le refuge une harde de bouquetins profitent de l'ombre du versant.

 

Les ruisseaux de la veille sont un peu plus gonflés et sont un peu plus difficiles à traverser. Nous faisons un petit détour afin de voir la cabane de Muande Bellone. C'est un abri sommaire qui peut être utile par fortes pluies.

 

Nous arrivons enfin au parking du chalet. Nous pouvons admirer notre parcours de ces deux jours.

 

*****

 

 

Billet d'humeur !!!

 

Nous n'avons pas atteint le sommet convoité !!!

 

Échec ? Il est évident que si l'on considère que je voulais emmener mes amis au sommet de Les Rouies, on pourrait parler d'échec ! Mais si l'on considère le fait que je voulais partager de bons moments avec mes amis en montagne . Peut-on parler d'échec ? Je ne crois pas !

 

Frustration ? Après pas mal de réflexion, c'est bien, le mot approprié.

 

La descente m'a permis (comme toujours quand je marche) de laisser mon esprit gambader, et surtout d'analyser la situation. En tant qu'organisateur je me sens responsable ! Est ce que j'ai sous-estimé le niveau de la course ? Sur-estimé le niveau général du groupe ?

 

L'esprit de cordée ! Nous sommes un groupe, lié moralement et physiquement par cette corde. Comment ne pas faire qu'un ? Toujours se mettre au niveau du plus faible. C'est tous ensembles que nous parvenons au sommet ou personne !

 

J'aime me remémorer la citation de Reinhold Messner : « La montagne n'est ni juste, ni injuste. Elle est dangereuse. »

 

Et si finalement, nous avions pris la plus difficile des décisions  ? Savoir renoncer ! Faire preuve d'humilité ! Il ne faut pas jouer en montagne.

 

Les montagnes seront encore là, les occasions de les gravir aussi.

 

Merci à vous mes amis, pour ces deux jours en votre compagnie et tous ces bons moments partager entre nous.

 

 

*****

 

 

 

 : Cette sortie se déroule en terrain glaciaire nécessitant du matériel spécifique (crampons, piolet, baudrier ...). Cette course ne répond pas aux prérogatives de l'Accompagnateur en Moyenne Montagne, diplômé d'état.

Si vous êtes intéressés par ce type de randonnée, veuillez-vous adresser à un Guide de Haute Montagne seul professionnel habilité à vous y conduire. 

 

 

 

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