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15 juillet 2009 3 15 /07 /juillet /2009 10:04

 
C'est vers un autre univers que j'emmène mes amis cette fois. En haute montagne, pour notre traditionnel périple d'été. Toujours dans le Parc National de la Vanoise, cette fois je propose l'ascension du dôme du Polset. Course glaciaire classée PD dans la plupart des manuels. 

Il y a Fred, Pierrette et Mick les « novices » de la progression en glacier, Jean-Claude et Séb les « anciens » chasseurs alpins et moi. 

Nous récupérons à Pralognan la Vanoise, joli village de fond de vallée, les paires de crampons et piolets nécessaires à cette course et stationnons les voitures sur le parking bondé du Prioux. 

Nos sacs sont beaucoup plus lourds qu'à l'accoutumée et le départ à 11h20, sous un soleil de plomb, font que nous avons un peu de mal à nous mettre en jambes. 

Cette 1ère journée, nous conduit au refuge de Péclet-Polset. Nous remontons la très jolie vallée de Chavières qui relie via le col de Chavières (2796m) les villages de Pralognan et de Modane. Les « anciens » (colporteurs, contrebandiers...) préféraient à l'époque l'accès par le col de la Vanoise. 

Nous arrivons rapidement au refuge du Roc de la Pêche, et à la chapelle de la Motte. Nous rentrons alors dans le royaume de l'alpagisme. Les troupeaux et les fermes se succèdent. Au Ritord il y a même la vente directe de la production biquotidienne de "Beaufort d'alpage". Depuis le 12ème siècle ces alpages sont exploités. Nous ne nous lassons pas de voir ces abondances et tarines et d'entendre leur sonnaille diffuser ce tintement d'ambiance si authentique. 


Un peu plus loin, nous entrons enfin dans le Parc, et à hauteur des ruines de Chavières (ancien bâtiment d'alpage), nous déjeunons tranquillement au bord du ruisseau. 

Nous aurions pu y passer la journée dans ce cadre verdoyant mais il nous faut reprendre la route. Il fait toujours aussi chaud et après quelques derniers efforts nous parvenons au refuge. L'architecture est assez moderne avec des lignes arrondies, beaucoup de panneaux solaires,  mais il s'intègre bien dans le site avec beaucoup de pierres et de bois. 



Après s'être annoncés à l'accueil, et une petite pause, nous partons allégés de nos sacs voir le lac blanc juste à côté. Ce grand lac aux eaux plus turquoise que blanches (à cette époque) est alimenté par la fonte du glacier de Gébroulaz. 


De retour au refuge nous constatons qu'il n'y a qu'une douche ! C'est un peu léger. Dernier bémol, les chambres n'ont pas été faites en fonction des réveils du lendemain. Au-delà de cela l'accueil est cordial, le repas du soir et le petit déjeuner sont plus que copieux. 

On se couche de bonne heure, mais le sommeil est dur à trouver quelques allées et venues, des ronflements .... A 03 h30, le réveil. On se retrouve tous en bas pour reconditionner les sacs (piolets, crampons). A 04 h 30, après un bon petit déjeuner, nous sommes le 1er groupe au départ. Le ciel est étoilé, il ne fait pas spécialement froid, un peu de vent. Nous marchons sans les frontales contrairement aux autres de groupe que nous pouvons voir derrière nous. 

L'ascension du col du Soufre se fait finalement mieux que l'on avait pu le penser la veille. Il est vrai qu'il y a quelques passages plus soutenus que d'autres. Sous le col on accède sur le haut de la moraine et le spectacle apparaît. Le glacier du Gebroulaz est devant nous, plus haut le dôme de Polset. A travers les éboulis de la moraine on met pied sur le glacier et on s'équipe. Quelques galères avec mon crampon attache rapide qui ne veut pas tenir au pied droit (mais sur les conseils de Jean-Claude et avec un petit lacet c'est réglé). Le jour se lève quand nous partons en cordée de trois : Moi, Jean-Claude et Mick pour la 1ère et Séb, Pierrette et Fred pour la suivante. 


Une cordée de trois personnes nous passe devant, nous profiterons de leurs traces. La progression sur glacier se fait corde tendue, et c'est assez difficile pour la cordée de trouver le rythme. Celui qui convient à l'ensemble.
 


Le spectacle est grandiose. Nous sommes au milieu du glacier nous pouvons voir au centre de celui-ci sur notre droite de belles crevasses. Le soleil s'est levé aussi sur les dômes de la Vanoise, sur la Grande Casse ... A mi-pente on fait une petite pause pour s'alimenter et s'hydrater. Il commence à faire chaud, et le manque de regel nocturne fait que par moments on s'enfonce pas mal (probablement dans des petites crevasses !!).
 


Vers 3250m, Jean-Claude préfère s'arrêter et nous attendre. Nous poursuivons donc à 5 l'effort qui devient assez soutenu avec un « petit » mur. Les traces de la cordée devant nous, nous facilitent la progression, car par moment on s'enfonce au dessus du genou.
 


Le dôme se découvre enfin avec sur sa droite l'aiguille. Nous décidons de contourner le dôme et de le gravir par sa face sud/ouest. Au col entre l'aiguille et le dôme on redouble de prudence car deux belles crevasses sont bien ouvertes. 


A 08h30 pour la 1ère cordée et quelques minutes après pour la suivante, nous sommes au dôme de Polset à 3501m.



Le vent souffle mais le décor est à couper le souffle. 360° depuis le Pic de l'Etendart, les aiguilles d'Arve, le massif des Ecrins (la Meije...), l'aiguille du Fruit, la Saulire ... les sommets de la Vanoise (les Sonnailles, l'Arpont, pointe de l'Echelle ...), le Grand Paradis est dans les nuages tout comme le Mont Blanc. 


Nous pouvons voir les nuages rentrés depuis le col du Mt Cenis. La cordée qui nous précédait redescend dans la face nord. Nous après la traditionnelle photo de groupe, et après avoir contemplé une dernière fois le panorama nous rejoignons Jean-Claude par le même itinéraire. Nous croisons une cordée de trois « anciens ». Plus bas remonte une cordée d'un autre itinéraire plus au cœur de Gébroulaz. 

On sort les fruits secs (et la nouveauté du jour les pommes confites de Séb), les gâteaux ... et une petite goutte de vulnéraire. Quel plaisir d'être tous ensemble sur ce glacier à 3250m d'altitude. 


La descente est rapide. Nous restons prudent, les crevasses ne sont pas toutes ouvertes et visibles. Le col du Soufre offre de bien belles couleurs orangées, ocre. 

Nous nous déséquipons au même endroit qu'à l'aller, remontons sur la moraine et descendons sur le lac blanc. Un dernier coup d'oeil à l'itinéraire réalisé.


Un beau bouquetin male gambade au dessus de nous. Des marmottes chahutent par ci par là. La nature est en fête !
 


Sur les bords du lac blanc nous nous posons pour le repas du midi. C'est l'occasion de refaire les sacs, enlever les chaussures, soigner les petits bobos .... et se détendre. 


Entre le lac et le refuge nous pouvons admirer un bouquetin (le même que tout à l'heure ?) qui nous passe, Mick et moi, à moins de 10m.


L'un des emblèmes du Parc de la Vanoise a su se montrer au bon moment, comme la cerise sur le gâteau de ces 2 superbes jours ! 

Au refuge de Péclet-Polset, on fait le complément en eau. Puis on redescend chacun à son rythme sur le Ritord où quelques fabrications locales (Beaufort, tome du Ritord, tome de chèvre...) alourdissent un peu plus les sacs ! Les vaches passent à tour de rôle dans la station de traite mobile. Scène ordinaire de la fabrication en alpage. 

On repasse devant la chapelle de La Motte, et après un dernier effort on arrive sur le parking des Prioux. 

Bilan : Une très belle course réalisée dans des conditions météorologiques très favorables. Cette course s'adresse à des personnes entraînées : 26 kms et + 2000m de dénivelé !

Le Parc National de la Vanoise nous a dévoilé une partie de sa richesse : faune (marmottes, bouquetins, insectes ...), flore (lys martagon, gentiane pourpre et jaune ...), paysage, patrimoine ...

Je remercie l'ensemble des amis ayant participé à ces deux jours pour leur bonne humeur, leur confiance et en particulier Séb qui a pris la tête de la 2ème cordée.  

 

Attention : Cette sortie se déroule en terrain glaciaire nécessitant du matériel spécifique (crampons, piolet, baudrier ...). Cette course ne répond pas aux prérogatives de l'Accompagnateur en Moyenne Montagne, diplômé d'état.

Si vous êtes intéressés par ce type de randonnée, veuillez-vous adresser à un Guide de Haute Montagne seul professionnel habilité à vous y conduire.


 

 
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