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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 19:24

 

  Coolidge (53)

 

L'année dernière, au sommet du Gioberney, j'avais dit à Sèb en regardant le Pic Coolidge, l'année prochaine on le fait !

 

Cet été, nos plannings n'ont pas bien coïncidé, et c'est seulement ce dernier week-end d'aout, les 27 et 28 précisément que nous nous lançons à l'assaut de notre objectif.

 

Les prévisions météorologiques sont top, grand beau annoncé. Sèb me récupère à la gare de Grenoble, et nous voilà partis pour La Bérarde. A la sortie de Bourg d'Oisans, nous prenons deux auto-stoppeurs.

 

La discussion s'engage. Ils vont au promontoire, et nous demande de passer le bonjour au gardien de Temple-Ecrins. En fait l'un d'eux est de Entremont le Vieux et connait aussi (comme nous) le frère du gardien, Jérôme garde à la Réserve des Hauts de Chartreuse. Après s'être souhaité mutuellement une bonne course, nous les déposons à l'entrée de La Bérarde.

 

Nous nous stationnons à la même place que l'année dernière. Et sur le parking nous attaquons le pique-nique.

 

Tranquillement nous nous lançons dans notre randonnée. Le début nous est familier. Nous retrouvons la fontaine avec son quart métallique, et le refuge du Carrelet.

 

Coolidge (5)

 

Puis nous partons sur la gauche en direction du refuge de Temple-Ecrins.

 

Le sentier est bien tracé, il y a de nombreux ouvrages destinés à lutter contre l'érosion des sols. Les lacets se succèdent, nous sortons rapidement du sous-bois. Nous pouvons admirer le vallon de la Pilatte, les sommets des Bans, du Gioberney, des Rouies … Tous ces noms ne nous sont plus inconnus.

 

Coolidge (69)

 

Le refuge est là. Vieille bâtisse tout en béton, pas très jolie. Nous nous annonçons au gardien. Visite rapide des lieux (les toilettes sont en cours de rénovation, un seul wc actuellement au lieu de deux), pas de douche, deux dortoirs et une salle à manger.

 

Coolidge (22)

 

Nous posons nos sacs, prenons une bière en terrasse face à ce superbe panorama, et puis nous allons faire une petite sieste.

 

Coolidge (26)

 

Deux heures après, nous allons feuilleter quelques magazines sur la terrasse. Le refuge s'est rempli un peu. Nous sommes prévus 15 pour le Pic Coolidge. Lever prévu 04h30.

 

A table, nous échangeons avec un groupe de quinquagénaires sympathiques. Ils enchainent les dénivelés depuis 2 jours mais ont encore bien la pêche ! Comme j'avais pu le lire sur des forums, le repas est au top : apéritif maison, soupe (légumes, lard, thym), couscous, fromage et tarte.

 

Après ce repas gargantuesque, nous nous endormons rapidement. Le sommeil est saccadé comme souvent en refuge. Les ronflements, la fraicheur et l'humidité ...

 

Comme à notre habitude, nous nous réveillons 10' avant tout le monde. On aime bien être les 1ers ! On avale rapidement nos tartines et notre boisson chaude. Et sans trop tarder, nous décollons.

 

A la lueur de nos frontales, nous progressons dans la nuit noire. Au début le sentier est bien marqué mais après une bonne heure, il faut chercher les cairns. Derrière nous, des frontales perdues dans la nuit. Devant moi deux paires d'yeux réfléchissent le faisceau de ma lampe. Des chamois ? Probablement les animaux se sont vite enfuis. 

 

Le jour commence à se lever alors que nous arrivons dans le pierrier sous le col de la Temple. Un dernier effort. Nous sommes rattrapés par un alpiniste, alors que nous cherchons un passage entre les névés bétons et les pierriers instables.

 

Après avoir quitté le refuge depuis 2 heures, nous sortons au col en même temps que le soleil apparaît. La vue y est superbe : L'Ailefroide, jusqu'au Pelvoux, sous nos pieds le glacier noir, derrière nous les Rouies ...

 

Il fait très frais. Et nous mettons rapidement la veste, et les gants avant de sortir les baudriers et la corde. C'est le moment de mettre les lunettes de soleil aussi !

 

Une petit gorgée d'eau, deux biscuits et nous sommes repartis. La course prend tout de suite un autre visage. C'est maintenant du rocher qui nous attend. On progresse en sécurité, en cordée. A chaque passage délicat, on redouble de vigilance.

 

Coolidge (56)

 

On traverse un petit col puis de nouveau un passage rocheux.

 

Coolidge (51)

 

Nous sortons en fin au pied du glacier. Je décide, de ne pas l'emprunter et de progresser dans le couloir à gauche.

 

Coolidge (54)

 

Mais nous nous rendons vite compte que le terrain instable s'avère assez engagé. Malgré ma prudence, je fais tomber quelques parpaings en direction de Sèb. Heureusement sans conséquence.

 

Je retrouve l'alpiniste de tout à l'heure (il a fait le choix de passer par le glacier). Nous progressons ensemble jusqu'au 1er sommet : 3 762m. Sèb est juste sous moi, je préfère le rejoindre plutôt que de gravir le véritable sommet du Pic Coolidge (3 775m).

 

Le terrain est vraiment pourri et je ne suis pas mécontent de retrouver Sèb et de repartir du côté du glacier. D'ailleurs c'est devant une belle corniche, que nous nous restaurons et chaussons les crampons. Sur notre gauche, le glacier noir surplombé par la face sud de la Barre des Ecrins.

 

Coolidge (67)Coolidge (61)

 

La glace est dure. Sèb prend la tête de la cordée. Nous progressons rapidement jusqu'au pied du glacier. Des cordées sont encore à la montée. Nous nous saluons, puis entamons notre descente. Nous sommes prudents. C'est pas le moment de se mettre une boite !

 

Coolidge (31)

 

La corde rassure. Le rocher est de bonne qualité et offre de belles prises pieds et/ou mains. 10H30, nous sommes de retour au col. Nous croisons nos quinquas de la veille. Puis après avoir remis les baudriers et la corde dans le sac, nous redescendons sur le refuge.

 

Le pierrier est aussi pénible à la descente qu'à la montée ! Nous découvrons l'itinéraire réalisé le matin dans la nuit. A midi, nous sommes au refuge. Pas trop le temps de se poser, il y a encore de la route. Nous payons notre note et reprenons notre périple.

 

La descente est rapide jusqu'au sentier du bas, puis interminable jusqu'au Carrelet et pour finir jusqu'au parking. On en voit pas le bout !

 

Le calme des lieux est perturbé par le bruit caractéristique de l'hélico. EC 145 en approche sur la DZ. Le véhicule du secours en montagne est là. Pas rassurant tout cela. Après un rapide posé Dragon 38 reprend les airs. Il réalise quelques manœuvres de treuillage d'un secouriste du PG avant de repartir dans la vallée.

 

Coolidge (37)

 

Nous croisons un des évacués, le bras en écharpe … c'est l'un des deux auto-stoppeurs de la veille. Il semble peu touché, tant mieux !

 

Quant à nous, c'est la fin une très belle course. Assez épuisante sur la fin, nous en avons pris plein les yeux.  

 

 

**********************

 

 : Cette sortie se déroule en terrain glaciaire nécessitant du matériel spécifique (crampons, piolet, baudrier …). Cette course ne répond pas aux prérogatives de l’Accompagnateur en Moyenne Montagne, diplômé d’état.

Si vous êtes intéressés par ce type de randonnée, veuillez-vous adresser à un Guide de Haute Montagne seul professionnel habilité à vous y conduire.

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30 juillet 2011 6 30 /07 /juillet /2011 20:44

IMGP6178

 

  Après avoir galéré pour traverser Grenoble et Vizille, nous parvenons enfin à La Grave, puis au parking au bout de la route, lieu dit « Entraigues ».

 

Sur le trajet nous avons eu un peu de ciel bleu et beaucoup de pluie ! Au parking, peu de voitures. Nous nous équipons rapidement sous un ciel menaçant. Il est 19h20, j'avais dit aux gardiens du refuge du Goléon que nous serons là pour 20h !!!

 

Il faut reconnaître que pour cette 1èrepartie, nous ne sommes guère gâter par le temps très brumeux, et à la limite pluvieux. Nous ne pouvons pas profiter du paysage et la montée au refuge est vite réalisée.

 

Le repas est déjà terminé au refuge quand nous pénétrons dans la salle à manger. Il y a une petite dizaine de personnes que nous saluons. Nous faisons sécher nos T-shirts, et commandons une bière auprès de la gardienne.

 

Pendant que nous tirons du sac nos casse-croute, nous constatons que presque tout le monde s'apprête à aller au lit ! Il n'est que 20h30 pourtant.

 

Je me fais montrer notre chambre pour la nuit pour éviter de trop déranger. Il est sympa ce refuge, de grosses bougies pour éclairer les toilettes, l'escalier et le couloir.

 

Nous terminons notre repas. Le rendez-vous est pris pour 05h30. Il est 21h00, nous montons en chambre. Nous serons 3, avec un réveil à la même heure. Nous préparons les affaires pour le lendemain. Nous préparons les lits. A notre disposition, une couette épaisse, et des couvertures. Le top.

 

Personnellement je me suis endormi très rapidement, et je n'ai même pas entendu la pluie ! 05h15, réveil . 15 minutes plus tard nous sommes à table et à 05h45, nous sommes sur le point de partir. Le gardien nous indique le chemin à suivre pour éviter de redescendre sur le lac.

 

Il fait déjà presque jour, les frontales sont inutiles et je me dis que nous aurions peut être du partir un poil plus tôt !! Quoi qu'il en soit dans le ciel pas un nuage. La Meije et le Râteau sont encore dans la pénombre. Nous cheminons au dessus du lac avant de redescendre sur le refuge Carraud. C'est là que nous retrouvons le sentier.

 

Le soleil commence a illuminer les crêtes autour de nous. Nous remontons le Maurian, torrent alimenté par la fonte du glacier Lombard. Nous rattrapons le groupe qui nous précédait au pied du glacier. Nous nous équipons comme eux.


IMGP6156

 

Notre cordée part la 1ère. La trace pour le col situé au pied du Bec de Grenier est faite (c'est ce que m'avait signalé le gardien du refuge).

 

IMGP6158IMGP6161

 

Comme c'est l'unique trace de ce désert blanc, c'est celle que l'on emprunte (pourquoi faire compliqué?).

 

Arrivés au col, la vue est grandiose. Le plateau d'Emparis tout vert, tranche avec les glaciers et les sommets enneigés des Ecrins.


IMGP6165

 

L'Aiguille du Goléon n'est pas encore là ! Il reste une longue arête assez aérienne. Les 3 autres cordées de 4, ont choisi de progresser au centre du glacier.

 

IMGP6167IMGP6168

Mick n'est pas très à l'aise dans ce terrain mixte, mais nous progressons bien. Il faut s'aider des mains, et ne pas hésiter à saisir le rocher pourtant givré.

 

Nous retrouvons la 1èredes 3 cordées alors qu'ils sortent à leur tour sur l'arête. Nous leur passons de nouveau devant. Il faut trouver le passage, parfois à droite (assez gazeux), parfois à gauche (côté glacier).

 

Mick prend sur lui. Je suis super content pour lui. Nous sommes maintenant sur un passage un peu plus raide. Je vois qu'il ne faut pas insister. L'alti indique 3 352m.

 

Nous avons deux possibilités : revenir sur nos pas ou descendre dans le couloir partiellement enneigé pour revenir par le glacier.

 

Mick n'est pas très rassuré au départ mais finalement le couloir est relativement praticable. La partie haute est délicate à cause d'une roche délitée sous la mince couche de neige. J'assure Mick en corde tendue, et nous progressons par petits bonds. Par contre, le pied du couloir est plus enneigé la progression en est rendue nettement plus facile.

 

Les autres cordées arrivent au dessus de nous. Comme nous, ils n'iront pas au sommet, mais contrairement à nous, ils repartiront par l'arête.

 

IMGP6174Panorama Goléon (1)

Plus bas, nous retrouvons leur trace au milieu du glacier. Alors que nous nous déséquipons au pied du glacier, nous retrouvons la famille partie comme nous du refuge. Ils ont fait la moitié de l'arête.

 

A la descente, je constate qu'il y a quand même une belle bambée. Au refuge Carraud, alors que quelques marmottes pointent le bout de leur museau, nous décidons de tirer vers le lac.

 

Un troupeau de chèvres broutent dans le « Replat d'Amont », nous découvrons des dizaines de prénoms écrits avec des morceaux de roche. Très original.

 

Panorama Goléon (3)Panorama Goléon (2)

 

Le lac se découvre enfin. Nous ne regrettons pas un instant être revenus par là. La Meije, le Râteau..., le refuge et le lac du Goléon s'offrent à nous. Une véritable carte postale de montagne.

 

P1000950

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Au refuge nous réglons notre note et après avoir salué les gardiens, nous redescendons dans la vallée. Il est midi, et il y a un monde impressionnant. Cela faisait très longtemps que je n'avais pas vu autant de randonneurs.

 

Le lac exerce un bel attrait. Mais il se mérite. Ici, on ne s'est pas trop cassé la tête pour tracer le sentier ! Peu de lacets et souvent « Dré dans le pentu ». Nous sommes plusieurs fois sollicités : c'est encore loin le lac ? Difficile de répondre ... tout le monde ne marche pas au même rythme.

 

Enfin, nous retrouvons la voiture, fin d'une très belle randonnée qui totalise un peu plus de 17 kms et 1600 m de dénivelé.

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